🌞 Orientation : Nord ouest
🪨 Rocher : Gneiss
🔜 Altitude départ approche : 1300m
🔝 Altitude fin difficultés : 2977m
Un must à parcourir dans le massif, une vraie pépite dans cette face raide et impressionnante. Le caillou est bon et l'escalade géniale, un véritable régal !
Cela faisait un moment que je pensais à cette voie. L'an dernier déjà je pensais à la parcourir en tant que voie de la liste du DE mais l'occasion ne s'était pas présentée.
Convaincu qu'elle deviendrait une classique du massif au vu des retours des répétiteur·ices, j'avais directement choisi de la référencer dans le Topo Doux.
Pour autant, très peu de photos, pas d'expérimentation de l'approche à vélo, etc. Une seule solution, y aller !
Et c'est en plein rush de mise en page du livre que je reçois un message un lundi matin "t'es chaud de d'aller faire la croix et la manière ce weekend ?!".
"Woa, alors c'était pas mon plan initial mais pourquoi pas !"
Les jours passent, la météo s'affine, le créneau météo a l'air top, le refuge est réservé et vient le moment de parler logistique trajet.
Plus on échange sur la logistique et plus je commence à me motiver à y aller en vélo, c'est pas loin, la montée est raide mais courte et je peux partir tard pour éviter les chaleurs d'été.
Toutes les conditions pour sauter le pas, allez, c'est décidé, j'irai en vélo !
Surpris au premier abord, le copain aurait été motivé de se joindre mais le taff l'empêchera de partir avant 19h30...
🚲 Accès sans voiture
Parti de Grenoble vers 17h vendredi, je profite des longues journées pour essayer de monter le plus au frais possible et rejoindre le copain vers 20h au pied de l'approche.
Je suis la piste cyclable des bords d'Isère et la quitte 2 petit kilomètres avant d'attaquer la montée.
Peu fréquentée mais diablement raide, la montée se déroule bien avec de nombreuses pauses pour se boire et se protéger du soleil.
Pas peu contents de voir la route s'aplatir, j'arrive avec le soleil couchant à St Mury Monteymond.
Pile le temps de sécher, me changer, manger, tout basculer dans le sac à dos que le copain arrive en voiture.
Pendant gagner quelques centaines de mètres de dénivelé et arriver pas trop tard au refuge, il me propose de monter en voiture au parking de la Souille.
Approche
Le début du sentier est bien long mais jamais raide de quoi s'échauffer pour la suite.
Une fois l'approche originelle rejoint, le sentier de raidit fortement pour rejoindre le dessus des cascades du Boulon.

Plus qu'un mur bien raide pour rejoindre le refuge Jean Collet et dormir paisiblement avant la grosse journée du lendemain.
Arrivés à 21h30, toutes les lumières sont éteintes et tout le monde est au lit.
On rejoint nos lits délicatement pour quelques heures trépignant de ce qui nous attend demain.
Le réveil est dur et je regrette de ne pas venir une nuit de plus pour profiter des environs autrement, ce n'est que partie remise.
De beaux bouquetins nous attendent devant le refuge et, pas du tout farouche, prennent eux aussi leur petit dej à nos côté.

On se met en route vers le lac Blanc avec un bon rythme de sorte à ne pas être pressé sur le retour. Les lumières du matin sur la Chartreuse sont sublimes et les pauses pour en profiter sont nombreuses.


Arrivés au lac, on voit enfin l'objectif du jour, sa face imposante et austère qui se découpe à l'horizon m'impressionne. C'est la première course "d'altitude", vraiment typée montagne, que je fais.

Après le lac, on suit bêtement un groupe qui part faire la traversée des 3 pics et nous amène hors de la trace dans les pierriers typiques Belledonne.
Mieux vaut rester bien à gauche sur la moraine pour rejoindre les restes du glacier.
On s'allege d'un sac et nous voilà partis dré dans le pentu jusqu'au pied du socle. La neige est bien molle, les crampons de rando s'avèrent parfait !


Pas si loin en apparence mais, vu d'en haut, les 3 compères qui nous suivent paraissent insignifiants !
👥 Les ouvreurs
Merci à Sylvain Thiabaud, Amaury Fouillade et Thibault Cattelain pour cette ouverture le 1er et 7 septembre 2022 !
Thibault a d'ailleurs fait un film sur Sylvain où l'ouverture de cette voie est présentée, bon visionnage ! 🍿
📖 Le topo
Soyez acteurs·ice de votre pratique ! ✊

L'équipement, le rééquipement, le nettoyage des voies et des chemins est un travail énorme et l'oeuvre de bénévoles que l'on ne remerciera jamais assez. 🙏
Sur ce territoire, aucune association n'est en place pour gérer l'équipement et l'entretien des itinéraires. Pour autant, Lionel Tassan, prend ce rôle à bras le corps et c'est grâce à lui que l'escalade dans ce massif se développe d'années en années.
Le matériel installé (spits, plaquettes, goujons, relais, broches, etc.) a un certain coût.
Cet équipement n'existerait pas sans votre participation ✊
Pas d'achat de topos, d'adhésions et/ou de dons = pas de voies
Comment participer ?
1️⃣ En achetant le topo (33€) sur ce lien 🔗 ou en magasin



De superbes photos et des lignes précises
La croix et la Manière ED- 6c>6b P2+
Je détaillerai donc les points qui me paraissent cruciaux mais surtout notre aventure et nos péripéties !
N'hésitez pas à me contacter ou commenter si vous souhaitez des détails supplémentaires sur les itinéraires
Avec une lecture d'itinéraire plus que moyenne et une petite pression du temps, je me lance dans une mauvaise première longueur qui doit être dans le 5b/c et m'oblige à faire un relais moyen.
→ Bien prendre la ligne de fissure la plus à droite et bien regarder le topo papier...
On continue le reste du socle, bien plus facile mais péteux, en corde tendue à 40m avec de vagues protections entre nous.
Arrivés au pied on prend conscience de l'ampleur de la paroi, ça fait déjà 3h qu'on est parti mais tout commence ici.
Le copain attaque L1 puis L2 qui réchauffe bien les avant bras et je prends la suite.
Le fameux diedre mal commode et mousseux tient ses promesses et me mettra bien dans l'ambiance pour la suite.
La longueur suivante, en dièdre bouché, est incroyable. En apparence, rien pour protéger mais on trouve finalement pile ce qu'il faut pour passer sans (trop) engager.
Les relais sont évidents et conforts pour la plupart, un vrai plaisir.
Les longueurs s'enchaînent avec leur lot d'émotions pour ma part tandis que le copain randonne (ou presque!) sans broncher.
Bien rester sur l'éperon sur l'avant dernière longueur et ne pas marcher sur la rampe, le relais se trouve presque dans la face.
Aucune longueur est à jeter, vraiment une super voie !




Retour
Pas venu de Grenoble en vélo pour partir en courant du sommet, j'apprécie la vue à 360° et profite de cet instant de répis avant la grande bambée de descente.
Complètement novice dans ces terrains, le copain connaissant l'itinéraire me met devant et me guide.
On passe la section câblée (quelle prouesse d'avoir monter de si gros câbles à pied à l'époque !) puis le 1er rappel sur béquet et le deuxième qu'on fait sur un bloc coincé en rive droite pour rejoindre le col de la Balmette.

Dernière descente pour rejoindre notre sac !
On zig-zague à la recherche du rocher sans neige pour finalement finir en luge sur les fesses jusqu'au sac.
Pas la descente la plus agréable depuis le Grand Pic. Le copain me disait que si on avait eu le temps et la motivation, finir par la traversée et descendre par le col de Freydane aurait été plus cool.
Un rapide passage au refuge pour chercher le matériel laissé le matin et on part dans la descente jusqu'au vélo.
22h, arrivé vélo, je bascule mes affaires dans les sacoches et me voilà parti pour rentrer à la maison.
Tout juste 1h15 plus tard et 30km plus loin, je rejoins mon lit pas peu contents d'en finir avec cette journée !
🛠️ Matériel
- #0.2 au #3, doublé du #0.3 au #2 (tout a servi)
- Pas de cablés
- Crampons ou crampons rando selon conditions
- Éventuellement piolets selon enneigement
⏳ Durée
Approche vélo : 2h20
Approche à pied jusqu'au refuge depuis la Souille : 1h20
Approche jusqu'au pied de la voie : 1h30
Socle : 1h
Grimpe : 8h
Descente jusqu'au refuge : 2h30
Descente jusqu'au vélo : 1h
Descente à vélo : 1h15
💬 Notre avis
Quelle aventure !
Si proche de Grenoble mais pour autant tellement intense et méritée !
La voie est absolument incroyable. J'imagine pas ouvrir une telle ligne dans une face si impressionnante, chapeau aux ouvreurs !
Avoir l'habitude de ce style de voie montagne et être à l'aise en 6b/+ T.A permet de sortir, ne pas se fier à L2 qui chauffe bien + que le reste !
Les protections sont assez faciles à placer mais pas abondantes, certaines longueurs se protègent pile ce qu'il faut pour mon curseur d'engagement.
À refaire je partirai 2-3 jours pour m'imprégner plus du lieu et bivouaquer au lac Blanc, face au Grand Pic, sur la plateforme parfaite.
👋 Avant de partir
📒 Topo la Croix et la Manière📸 Les images


















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